RECIT DE LA GRANDE TRAVERSEE DU MERCANTOUR – DEFI #4 – ETARCOS

RECIT DE LA GRANDE TRAVERSEE DU MERCANTOUR – DEFI #4 – ETARCOS

 

Pour qui le caddie ?

Liste du père Noël

220 km, 12 000 mètres de dénivelé positif et un nouveau record en 47h31′. C’est le Dimanche 23 septembre 2018 à 17h13 que Stéphane Brogniart a franchi la ligne d’arrivée sur la plage de Menton. Un véritable exploit au vu de l’ensemble des difficultés liées au parcours et un quatrième défi Etarcos en version ultra-trail sans avoir reconnu préalablement le tracé, gonflé! Suivez-moi et vivez la grande traversée du Mercantour de l’intérieur, Inside quoi !

Jeudi 20 septembre, il faut procéder à quelques courses en vue des différents ravitaillements prévus tout au long de la traversée. C’est votre pirate préféré qui s’y colle. Direction Barcelonette et son hyper pour charger le caddie des victuailles nécessaires au périple du grand brun avec une paire de Brooks. Ensuite une longue et tortueuse route pour atteindre Estenc (lieu du départ) me fera prendre conscience que les choses sérieuses se précisent. Au vue de nos discussions en arrivant à l’auberge, certain(e)s sont plutôt inquiet(e)s quant au mal des virages, il y a du renard en perspective…

 

Vendredi 21 septembre (Jour J), les équipes d’assistance (3 équipes au total), les équipes vidéo et photos (2 équipes – Peignée Verticale) et les partenaires commencent à s’organiser, se répartir les rôles précisément sous la baguette agile d’Aurélien (Athlète 2.0). Bref, une bonne dizaine de personnes s’affairent pour préparer les véhicules, vérifier la nourriture, le matériel médical et les différents lieux de passage pour assurer les ravitaillements de jour, comme de nuit, ainsi que l’ensemble des images, vidéos et sons. Une chaleureuse ambiance se dégage, tout le monde est sérieux et concentré mais de bonne humeur et très calme. Comme si rien ne pouvait venir perturber cette aventure, non rien de rien !

 

Equipe 1 : ready to start

La chasse au poids…

Cependant, la rigolade est de mise, les sourires sont présents, un soupçon de dérision ne saurait cacher le professionnalisme ambiant et la détermination de tout mettre en œuvre pour que Stéphane soit dans les meilleures conditions pour avaler ces 220 km de cailloux. Jusque dans les moindres détails, tout est pensé pour la recherche de performance, la chasse au poids me poussera même à tenter une coupe express de notre aventurier vosgien. Et dire que le départ est dans moins de deux heures, un peu de sérieux les gars.

 

Le départ approche. Top le short!

A 17h15 le départ est donné, Stéphane s’élance sous un tonnerre d’applaudissements pour un périple hors norme. On saute dans les voitures fournies par OPEL France (Thank’s Grégoire Vitry et son équipe), direction le premier ravitaillement. L’équipe 1 dont je fais partie avec Charlène doit assurer seule les deux premiers ravitos. L’équipe 2 (Jean-Marie, président d’Etarcos et son épouse Estelle), assurera les ravitos 3 et 4 et nous nous retrouverons au ravito 5 en Italie (Sant’Anna di Vanadio) en compagnie de l’équipe 3 composée de Justine et Emilie. C’est à partir de ce ravitaillement que nous pourrons accompagner Stéphane en courant car les 3 équipes se retrouvent pour assurer ensemble la fin des ravitaillements jusqu’à l’arrivée. Force est de constater que les routes sont étroites, serrées et que nous allons passer un temps fou à rejoindre les différents points de passage de Stéphane. Ca ne rate pas, nous arrivons avec 10 min de retard au premier ravito. Stéphane est assis, il attend patiemment, calme malgré le petit raté du début. On ne moufte pas, on s’affère avec Charlène, on lui apporte tout ce dont il a besoin, nous remplissons les gourdes avec eau et boisson effort, changeons les piles de la frontale, remplaçons les barres de céréales, un petit NRJ Diet saveur Délices des bois (merci Marie-Pierre) et c’est reparti avec d’autres pacers qui l’accompagneront sur différentes étapes.

 

Et la nuit devient noire et les routes s’enchaînent avec lenteur mais surement et sans interruption. On dort peu voire pas, mais nous on court pas, et toc! La progression de Stéphane est impressionnante, il est en avance sur l’ensemble de ses prévisions de passage et ceci malgré un léger jardinage en montagne, une vocation future? Il profite de l’ensemble des ravitos pour prendre le temps de se reposer, voire dormir quelques minutes afin de garder du jus, la route est encore longue, il l’a bien intégré, pour passer la ligne à Menton il faut écouter la machine et en prendre soin.

 

Ravitaillement surprise au refuge de Nice

Samedi 22 septembre, on se réveille du côté d’Isola 2000 avec Charlène, on a dormi 3 petites heures dans la voiture et là au réveil à la frontière entre la France et l’Italie on file récupérer Stéphane pour une section de jour complète avant une deuxième nuit très costaud, la vallée des merveilles. A cet instant, environ 100 km ont été parcourus, on approche de la moitié, les équipes sont en place malgré des petits yeux qui trahissent des nuits de 1 à 2h max. Stéphane a un moral d’acier même si la fatigue commence à se faire sentir. Un bon plat de pâtes préparé dans une ferme auberge italienne lui arrachera un sourire et ses propos « Ca c’est bon. J’aimerais bien les même au prochain ravito ». Ca tombe bien on en a une deuxième portion, quelle organisation…

 

Tranche de nuit, une merveille!

Dimanche 23 septembre minuit et j’attaque, en compagnie de Renaud, Emilie, Thomas et Stéphane, une des parties les plus musclée et de nuit pour corser le tout. L’étape Madone de Fenestre jusqu’à camp d’argent soit 32 km que nous mettrons 8h30 à parcourir, une paille. Cailloux, dénivelé, pleine lune, des images de dingues, on a marché sur la lune, ou sur Mars d’ailleurs, on a rigolé, moins des fois, n’est ce pas ? Et ce bouquetin, qui en maître des lieux, nous a juste montré avec élégance qui était le patron incontesté de cet endroit majestueux. Mais une chose est sûre, les 10 minutes de sommeil au refuge des merveilles ont été bénéfiques et ce ravito improvisé et en mode surprise par 3 randonneurs qui nous attendaient de pied ferme pour partager avec nous cette traversée.

Au menu, dattes exquises, bonbons acidulés, banane, chocolat, coca, citronnade et d’une gentillesse incroyable. On a même eu un morceau de musique pour le départ, trop fort les gars et merci encore pour cette tranche de vie au milieu de nulle part. C’est aussi ça la magie des rencontres et la force des valeurs de l’aventure, ensemble on est putain de fort et je suis polie…

 

Sébastien & Stéphane, sympas !

Bref comme vous l’avez compris, tout le monde s’est régalé même si on en a franchement bavé. Emilie quelque chose à rajouter peut-être? Mais quand Sébastien Camus vient nous rejoindre au petit matin pour terminer et accompagner Stéphane sur la fin de l’étape et ensuite l’emmener jusqu’à Sospel avant dernière étape de la grande traversée du Mercantour et lieu d’habitation de Sébastien, tout un message. Suivez-le de prêt sur la Diagonale des fous, il va faire de grandes choses, j’en suis convaincu au vue de nos discussions longues et fortes. Il est prêt, cette édition sera la sienne.

 

Le temps est magnifique, il a d’ailleurs été notre meilleur allié durant cette traversée, pas une goutte de pluie, des températures estivales et des nuits en montagne très agréables, merci Dame Nature pour ta sollicitude. Sans ta bienveillance, une autre traversée nous tendait les bras et les pieds d’ailleurs.

 

Dernière montée avant Menton

Menton, la plage, arrivée, émotion

Dernière étape entre Sospel et Menton, il reste 17 km à parcourir et 1 200m de dénivelé positif avec une descente sur Menton raide, technique, glissante, en deux mots, casse patte et casse gueule, rien que ça. Stéphane est super bien, il sait qu’il va arriver en moins de 48h chrono, c’est au fond son véritable objectif. Il descend fort, il glisse, reglisse, on se calme, l’arrivée approche, ça n’est pas le moment de s’en prendre une sévère et effacer 47h d’effort intense. Ca y est le bitume de Menton s’offre à nos souliers peints de différentes terres, poussières et végétaux, on serait presque heureux de courir sur du macadam, honte à nous!

Ca sent l’écurie, Stéphane reste concentré, il sait qu’il vient de réaliser truc énorme, il se maintient dans sa bulle, la ligne approche, la mer, la plage, encore 50 m et c’est l’arche d’arrivée, la tension est palpable, l’émotion est puissante, il passe la ligne, il l’a fait en un temps record, il se prend la tête dans les mains, on applaudit toutes et tous, une incroyable force se dégage de cet instant de communion dans l’effort. Il se jette à l’eau, on s’enlace, se serre, toute l’équipe est heureuse, tout sourire, yeux plissés, cœurs énormes, une aventure de réalisée, des souvenirs pleins la tête et une seule envie, vivement la prochaine…

 

 

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